Le métier de Maître-Chien

Qui n’a pas rêvé de travailler avec son chien ? Qui n’a pas rêvé de réaliser des missions de sauvetage, de défense, ou encore des missions pour apporter du bonheur ou des sourires aux personnes qui en ont besoin (personnes âgées, personnes handicapées, personnes malades et/ou souffrantes…) ? Quelle joie de partager un quotidien avec son toutou que l’on aime par dessus tout.

Le métier de maître-chien était peu mis en avant, notamment jusqu’aux attentats terroristes où Diesel, Berger Belge Malinois du RAID est tuée pour défendre son maître, son équipe, son pays, sa nation face aux criminels. Depuis, de nombreux sites internet ont profité de cette vague pour faire connaître ce métier.

diesel berger malinois d'assaut, chien de travail du RAID

Un berger malinois du RAID – image d’illustration

Contrairement à d’autres professions, ce métier s’apprend avant tout, sur le terrain. La théorie est présente… mais l’éducation d’un chien puis le dressage et enfin les situations d’entraînement, ne sont pas universelles. Il faut s’adapter au chien.

En savoir plus sur ce métier de maître-chien

Il possède plusieurs noms en fonction des spécialités. On peut entendre les termes “conducteur de chien”, “agent cynophile” ou encore maître-chien.

L’objectif : dresser des chiens d’utilité et de travail. Ce ne sont pas des chiens qui pourront vivre sur un canapé. Ces chiens proviennent le plus souvent de lignées de travail des races (berger belge malinois lignée travail, berger allemand lignée travail, etc). C’est-à-dire qu’un travail réalisé par les éleveurs afin d’obtenir les meilleurs chiens possibles à savoir :

  • léger,
  • rapide,
  • vif,
  • obéissant,
  • joueur +++,
  • motivé, désir d’apprendre,
  • proche du maître…

Une fois que ces chiens sont éduqués puis dressés, ils partiront pour différents horizons à savoir : la police, l’armée, la gendarmerie, les sociétés de gardiennage, les pompiers, la sécurité civile, les associations, le personnel médical…

Un bon maître-chien doit établir une relation de confiance

De nombreux maîtres-chiens travaillent avec des chiots parce qu’ils sont malléables et peuvent tout apprendre dans des conditions propices. Les bases sont apprises (en fonction des attentes du maître-chien) : l’obéissance, la patience, l’attaque et le port d’objet.

un soldat avec son chien de travail et de sécurité

Pour faire taire le cliché de l’éducation canine : non les chiens de travail ne sont pas malheureux à travailler. Tout travail sous la contrainte, la violence ou l’agressivité est prohibé. Il faut garder à l’esprit qu’un chien présentant une mauvaise socialisation ou un caractère déséquilibré ne sera pas sélectionné pour travailler.

L’éducation et le dressage se font à travers une relation de confiance très fusionnelle entre le chien et son maître. Pour atteindre à de tels résultats, sont utilisés :

  • les jeux,
  • les activités sportives partagées ensemble,
  • les récompenses,
  • les caresses,
  • la voix.

Chaque exercice doit permettre au chien de réaliser les comportements demandés par le maître à travers les ordres et les commandes.

En fonction des besoins, chaque comportement sera travaillé dans le but d’obtenir le meilleur chien dans l’activité dans laquelle il sera utilisé. Un chien de défense/sécurité n’aura pas le même dressage qu’un chien de guide d’aveugle.

Les chiens de recherche d’explosifs seront chargés de trouver les endroits où sont cachés des explosifs.

Les chiens d’avalanches seront chargés de retrouver les personnes enfouies, soit à l’aide d’un objet appartenant aux personnes disparues, soit à l’aveugle où le chien est capable de déceler via son célèbre flair de l’odeur humaine.

Les chiens de guide d’aveugle seront chargés d’aider les déplacements de personnes avec une déficience visuelle, à marquer des arrêts, à respecter les endroits où le chien doit conduire son maître…

Pleins d’autres spécialités sont disponibles et seront traitées sur chien-de-travail.com.

Le travail en toutes circonstances

Qu’il pleuve, neige, vente, fasse très froid ou au contraire, très chaud en période caniculaire, dans l’eau, tout près du feu… Le binôme doit travailler en conséquence pour être opérationnel à chaque moment de l’année.

Le chien doit travailler son odorat parce que c’est l’outil le plus précieux qu’il puisse avoir. En fonction des attentes, il pourra se spécialiser dans les drogues, les cigarettes, la contrebande…

chien de sécurité de garde

© Crédits : US defense.gov

Les chiens de recherches doivent avoir une bonne condition physique pour être capable d’aller dans des endroits où l’homme ne peut pas accéder.

Entretenir son compagnon à quatre pattes

Le chien n’est pas un outil comme peut l’être un smartphone. C’est un outil vivant : il faut le nourrir, le soigner, le brosser, mais aussi lui permettre de faire ses besoins, de se reposer… Tous ces éléments sont nécessaires pour permettre au binôme d’avoir un outil de travail en excellente santé.

En revanche, pour les personnes handicapées, le chien doit être capable de diriger une personne vers la source du bruit, d’apporter un objet, le téléphone ou de le décrocher, ouvrir et fermer une porte, un placard…

Les conditions de travail

Des horaires irréguliers

Le maître-chien a des horaires irréguliers. Ceux-ci varient en fonction des conditions météorologiques (incendies, recherches de personnes disparues, avalanches…), du lieu de travail, des évènements…

Le binôme doit comprendre qu’il n’a pas de week-ends, ni de jours fériés… Il peut aussi travailler de nuit (pour surveiller les sites ou encore les évènements) et de jour (chien de guide d’aveugle). Un métier pas toujours évident avec une situation familiale.

Un métier de terrain

C’est un métier physique : il faut être endurant ! Il peut nécessiter d’être debout pendant plusieurs heures consécutives. Les déplacements sont nombreux et parfois à plusieurs kilomètres afin d’être sur les lieux d’intervention.

Où travailler ?

Les maîtres-chiens peuvent travailler dans le privé ou le public.

Côté privé, les employeurs sont généralement des sociétés de sécurité, des sociétés de surveillance, des particuliers ou des industriels pour protéger leurs sites. La majorité du travail consiste à réaliser du gardiennage, c’est-à-dire de la surveillance de site pour prévenir les éventuelles intrusions. Toutefois le binôme n’a pas le droit d’attaquer les intrus.

Les évènements sportifs ou culturels (musique, Festival de la Bande Dessinée, …) sont autant d’endroits où les maîtres-chiens peuvent travailler.

Côté public, les conditions d’accès sont plus complexes et demandent plus d’ancienneté puisqu’il faut avoir travaillé dans la gendarmerie, la police nationale ou encore l’armée quelques années avant de pouvoir prétendre à ce métier de maître-chien.

Compétences et qualités nécessaires

Si vous pensez qu’aimer les animaux pour pratiquer ce métier, parfois à risques, est suffisant… Alors vous faites fausse route ! Il faut avoir une ouverture d’esprit adaptative, être capable d’assouplir son caractère, de conserver son sang-froid, d’être patient, d’avoir une bonne condition physique… Pour le dressage des chiens, on évoque souvent “avoir une main de fer dans un gant de velours“. Faire preuve de douceur, de compréhension, de patience… est indispensable.

En fonction de la spécialité choisie, vous pourrez avoir des apprentissages adaptés et en conséquence.

Exemple : un maître-chien d’avalanche doit être capable de comprendre la montagne, de la connaître ou encore de savoir skier vite et précisément.

Salaire et primes

Puisque c’est un métier à risques des primes peuvent être possibles, notamment dans le secteur privé.

Le salaire est très variable entre le secteur public et privé.

Pour le privé, il faut compter environ 1 500€ brut.

Pour le public, cela varie entre 1 600 et 3 000€ brut en fonction du grade, de l’ancienneté…

Formations

Plusieurs formations sont disponibles. Une page complète sera prévue à cet effet en listant le maximum des formations de maître-chien possible.

Perspectives d’évolution de carrière

En fonction du secteur où vous exercez, il est possible d’obtenir une évolution de carrière.

Dans le privé, les maître-chiens peuvent devenir formateurs, gérants d’une société de sécurité…

Dans le public, cela peut aller à des spécialisations ou encore dresseur, homme assistant, moniteur régional, moniteur de club…